Marika, sommelière, fin vingtaine, d’origine africaine, est en couple avec Ike, 32 ans, ingénieur civil, d’origine africaine.
Pas d’enfants, ni de tondeuse ni de chien. Même pas un tout petit.

L’appartement de la place Jacques-Cartier est un des mieux situés de la ville. Le prix y est en conséquence. L’argent, ce n’est pas un problème. Ils ont loué cet appartement. Nous verrons s’ils respecteront leur bail.

L’emménagement s’est bien déroulé. La pièce où la table est située, dans la salle à manger, fut utilisée comme pièce de rangement durant l’emménagement. Des dizaines de boîtes étaient éparpillées dans les quatre coins de cette pièce. Il en jonchait autant sur la table, à son grand désespoir.

Les invités s’en viennent, il faut faire vite.

Il suffit moins de 2 jours pour tout installer. Tout était prêt lorsque retentit la sonnette dans tout l’appartement.  Les pièces étaient toutes prêtes à recevoir les amis du couple, Jean-Baptiste et Michaëlle, tous deux Haïtiens. La salle à manger avait été libérée et la table reprit son souffle.

Jean-Baptiste avait porté un vin. Marika avait préparé un plat de légumes sautés avec une viande rouge apprêtée de la même façon.

Au moins, le vin apporté par ces convives s’harmonisait parfaitement avec le repas. La sommelière avait le nez fin et l’oeil éguisé. Elle avait tout de suite remarqué le nom du vin avant même que Jean-Baptisite l’ait sorti du sac. L’oeil du poisson était un des pires vins en vente selon Marika.

La reine du foyer avait servi le vin à ses invités. Le repas était délectable. La table était ravie. Le vin, les invités et la nourriture, le trio parfait pour combler sa table.

Le vin, lui, était infecte. À en cracher.

Dans la somellerie, la seule raison pour laquelle nous pouvons arrêter de boire un vin est qu’il soit renversé complètement sur le plancher.

Ike saisit le message. Hop, sur le parquet.

Quel dommage, quel mauvais vin.

 

 

 

Merci au site Internet de la SAQ qui a grandement contribué à l’écriture de cette chronique.