La table 5 produit une sorte de force d’attraction. Vous le savez sûrement.
La force d’attraction peut aussi renverser son action. Cette attraction deviendra alors une force de répulsion, ou plutôt de protection. Ce n’est ni de la science-fiction, ni de l’ésotérisme. Ce n’est que ce que l’objet représente.
La nuit se faisait tard. La noirceur envahissait la ruelle entre le restaurant et l’édifice voisin. Les lumières de la ruelle, minimes certes, étaient éteintes. Les bruits de la nuit rôdaient dans les racoins de la ville. Bref, ça sentait le crime. À plein nez. Une vraie scène de film.
Mais le crime, on peut le décrire de la façon qui nous convient. On peut l’apprêter à la sauce que l’on préfère.
La place Jacques-Cartier, où le restaurant est situé, est le lieu estival par excellence. Les cracheurs s’en donnent à coeur joie pour faire rire les foules, leur faire écarquiller les yeux et les faire applaudir. Les erreurs sont plutôt rares dans ce domaine. Mais elles ne sont pas inexistantes.
À la fin de son numéro, le cracheur de feu dirigea malencontreusement son crachas vers la terrasse du restaurant. Il ne fut point long avant que le feu envahit complètement les murs et les planchers.
On peut en déduire que la table 5 disparaîtra. Mais non, c’est la force de protection. Cette table est éternelle, brave vents et marées, habite les lieux, et ce, peu importe si les lieux sont entourés de décombres, de feu ou de braise. Elle est présente, elle enracine cet endroit.
Au petit matin, les enquêteurs sont venus faire leur tour, avec lampes-torches et calepins. Ils furent consternés, abasourdis, renversés. Les lieux étaient une perte totale. Tout était détruit. Tout, sauf la table. À peine une trace de suis saoupoudrait le dessus.
Même si le cracheur de feu n’a pas posé cet acte de façon volontaire, c’est un crime de détruire un lieu aussi important. Mais au moins, la table est forte et sait à quoi s’en tenir.
Le mot Kharma est plutôt populaire ces temps-ci; la table avait eu son kharma, SURTOUT depuis le départ de Denise et Sophie.
Bernard, le propriétaire du restaurant, n’abandonnera pas sa table. Elle restera enracinée dans ce lieu. Peu importe la nature de celui-ci.
Manon se retrouve sans travail. Bernard ne l’abandonnera pas elle aussi. Elle fait partie intégrante de cette table.
17 août 2009 at 16:28
ET ça continue