Dans tout établissement qui se respecte, le lapin de Pâques fait sa tournée chocolatée au moins une fois durant le congé de Pâques. Les gens en sont pour la plupart du temps ravis. Des chocolats gratis, ça ne se refuse pas! Par contre, certaines personnes peuvent se sentir… choquées!
On saute les présentations, c’est Pâques, on est pressé! Surtout qu’on en attend plusieurs aujourd’hui à la table.
Nos deux convives du moment sont déjà attablés. Ils sont trois. La chaise restante accueille les bourses et manteaux. Ils consultent le menu rapidement et se rivent sur la section végétarienne, à la dernière page. Ils sautent la section Viandes. Ils arrêtent leur choix sur la salade niçoise. Bébé, assis sur sa chaise haute, se contentera de sa purée habituelle.
Manon est au comptoir. Elle s’affaire à essuyer les verres de vin, qui viennent de sortir du lave-vaiselle. Elle regarde du coin de l’oeil cette famille qui sort de l’ordinaire, attablée à la 5. Après avoir terminé sa corvée de verres, elle récupère son calepin, posé dans sa poche avant. En se rendant vers la table, elle se demande pourquoi ces parents avaient sorti leur enfant au restaurant, s’il ne commandait rien. Ce n’est pas la première fois que cette question lui traverse l’esprit.
Notre charmante serveuse arrive à la table, et débute sa traditionnelle tournée de table. Elle débute par demander quelles boissons allaient-ils commander. Manon le demande à Madame. À sa grande surprise, la question fut répondue par Monsieur. La même situation se reproduit lorsqu’il est venu le temps de passer les commandes. Monsieur répond à tout. Spécial, non?
Manon voudrait bien lever le voile sur cet imbroglio…
Le lapin coquin entre dans le restaurant en souhaitant Joyeuse Pâques à tous. Ils distribuent quelques chocolats. Il arrive à la table 5. Il en distribue aussi à nos amis. Rapidement, l’homme se lève. Il remet les trois chocolats que Coco venait de donner dans le panier. La femme reste muette. L’homme, pas content du tout, est très offusqué qu’on lui précipite de la nourriure en plein visage sans son consentement. Il demande au lapin pourquoi il lui avait donné des chocolats. Bêtement, Jeannot Lapin rétorqua que c’était Pâques et que la tradition voulait que l’on offre des chocolats. Deux grands points d’interrogation se placent dans les yeux du Monsieur-pas-content-du-tout.
Il se rassoit. Jeannot repart candidement.
- Qu’est que c’est que Pâques? demanda Monsieur.
- Une fête juîve, réponda Madame.
- C’est ce que je pensais, une fête juîve. Encore les juîfs! (NDR : Je ne suis pas anti-sémite!)
Monsieur fixe la table d’à côté, la 7. Une seule pensée lui vient à l’esprit : Cet homme mange comme un porc!!!
Madame se lève, relève son hidjab et se dirige vers les toilettes.